Ma chère petite maman,
C'est drôle la vie, toi qui ne connaissait jamais ton adresse mail, toi qu'internet dépassait, te voilà l'héroïne de ce post. Tu vois, tu ne pourrais même pas lire ce que j'ai envie de t'écrire. Mais tout ça n'est pas grave, je sais que tu es en moi et qu'avec tout l'Amour que tu m'as transmis, c'est toi qui me guide là ce soir. Tu me manques maman chérie. La vie est dure sans toi. J'en peux plus, je craque souvent. Pourquoi suis-je obligé au détour d'une chanson, d'un regard, d'une pensée de pleurer comme tout à l'heure à la caisse de la Coop. J'en ai marre que tu sois partie. J'en ai marre d'être devenu grand, d'être devenu un adulte. Je donnerai tout pour redevenir ton ptit garçon. J'ai mal, je te sens en moi comme jamais, ne me quitte pas une deuxième fois, reste près de moi. Tu es partie si vite. Je ne me l'imagine pas encore. Tout me rappel à toi. Tu as souffert, beaucoup souffert et parail-il, tu es mieux là ou tu es. Mais qui peux dire un truc aussi con !
Je n'oublierais jamais ton regard lorsque je suis rentré dans ta chambre d'hôpital début mai. Je n'oublierais jamais la souffrance que tu avais dans tes yeux. Je n'oublierais jamais tes larmes qui ont coulés quand tu m'as vu... quand tu m'as vu tétanisé de te voir ainsi. Tu ne voulais pas nous faire subir tout ça toi la femme rayonnante que tu as toujours été. Je t'ai trouvé très très belle maman ce jour là, n'ai pas peur.
Faire bonne figure ensuite, te parler ma main serré très fort contre la tienne qui ne bougeait déjà plus, te parler du second tour des présidentielles, toi qui était passionnée par la politique et qui en avait fait un juste combat dans ta vie. Te parler de ma vie ici dans ce pays que tu aimais tant, te raconter mes menus, toi l'excellente cuisinière qui m'a transmis ton savoir. Te raconter mes lessives, toi qui devenait folle quand je te disais que je mélangeais les couleurs. Te raconter main dans la main ma vie pour que tu continue à être fier de moi. Ce sont des moments qui nous appartiendront toujours. De partir ce jour là m'a déchiré le coeur. Je savais qu'en revenant la semaine suivante plus rien ne serait comme avant... plus rien !
J'ai pris soin de toi maman chérie, je voulais pas que tu souffre plus que l'extrême violence que ton corps te faisait subir. J'ai pris soin de toi comme tu as pris soin de moi depuis toujours.
Devenir adulte est quelque chose, n'être plus ton enfant est quelque chose d'insupportable. Je comprends les causes de ton départ, j'ai accepté. Mais que c'est dur... inimaginable !
Tu m'attendais ce mardi, tu avais hâte de partir pour ne plus NOUS faire souffrir, tu es partie, nous étions tous là, à côté de toi. Ce moment fatidique à été extrêmement violent pour moi, les médecins m'avaient pourtant expliqué. Violent de voir ce corps resté inerte réagir comme ça. Violent de voir notre impuissance. Violent de voir ton regard donné à chacun d'entre nous pour nous dire au revoir. Maman chérie, c'était toi la plus forte, la plus digne.
PA m'a dit que c'était une chance pour moi ton départ. Je le crois, c'est mon frangin, j'ai confiance en lui. Mais je n'ai pas tout de suite saisi comment. C'est oui, une chance pour moi de recentrer ma vie, et en acceptant ton départ pourtant toujours trop rapide, en le sachant, nous sachant fragiles ici bas, tu m'as donné l'opportunité de me recentrer dans ma vie. De changer. D'ouvrir les yeux, de voir... Je ne suis plus le même depuis, j'ai changé. Je sais que, ou que tu sois, tu me regarde, tu continue de me protéger.
Je n'ai pas vécu ces moments seuls maman. A m'a soutenu et écouté beaucoup, R m'a bouleversé lors d'une conversation peu avant. Tu l'aimais bien, je l'ai revu il y a peu. Je suis content de le revoir, il me manquait. Ce sont des gens qui comptent dans ma vie, qui comptent vraiment.
Et puis, tu sais, LB maintenant aussi veille sur moi, elle m'aide beaucoup, et est devenue indispensable à mon équilibre. On se connaît, on se comprend, on s'aime. Je ne pourrais jamais envisager de la perdre. Elle est importante dans ma vie, je ne lui dit pas assez je crois.
Je me pose souvent cette question, alors que ton état se dégradait de minutes en minutes, pourquoi suis-je resté ici loin de toi. Pourquoi ais-je eu un blocus familial quand à ma venue près de toi. J'ai la réponse, tu voulais me rendre une dernière fois heureux, un dernier cadeau avant de partir. Mon chemin à croisé celui de S ce même jour. Je sais maintenant maman que tu es pour beaucoup dans cette rencontre majeure. Appelons ça le destin ou la force de ton Amour pour moi. C'est une rencontre importante de ma vie. S est une personne magnifique, j'aurais aimé que tu le connaisses comme moi je peux le connaître.
Maman, tu n'as jamais été autant auprès de moi depuis tout ça. Merci, je suis fier d'avoir été ton fils, fier mais triste de cette issue. On avait encore tant de choses à vivre ensemble.
Je suis heureux maman, je vais bien, je vais très bien... grâce à toi. Merci.
Ton Martin qui t'Aime
C'est drôle la vie, toi qui ne connaissait jamais ton adresse mail, toi qu'internet dépassait, te voilà l'héroïne de ce post. Tu vois, tu ne pourrais même pas lire ce que j'ai envie de t'écrire. Mais tout ça n'est pas grave, je sais que tu es en moi et qu'avec tout l'Amour que tu m'as transmis, c'est toi qui me guide là ce soir. Tu me manques maman chérie. La vie est dure sans toi. J'en peux plus, je craque souvent. Pourquoi suis-je obligé au détour d'une chanson, d'un regard, d'une pensée de pleurer comme tout à l'heure à la caisse de la Coop. J'en ai marre que tu sois partie. J'en ai marre d'être devenu grand, d'être devenu un adulte. Je donnerai tout pour redevenir ton ptit garçon. J'ai mal, je te sens en moi comme jamais, ne me quitte pas une deuxième fois, reste près de moi. Tu es partie si vite. Je ne me l'imagine pas encore. Tout me rappel à toi. Tu as souffert, beaucoup souffert et parail-il, tu es mieux là ou tu es. Mais qui peux dire un truc aussi con !
Je n'oublierais jamais ton regard lorsque je suis rentré dans ta chambre d'hôpital début mai. Je n'oublierais jamais la souffrance que tu avais dans tes yeux. Je n'oublierais jamais tes larmes qui ont coulés quand tu m'as vu... quand tu m'as vu tétanisé de te voir ainsi. Tu ne voulais pas nous faire subir tout ça toi la femme rayonnante que tu as toujours été. Je t'ai trouvé très très belle maman ce jour là, n'ai pas peur.
Faire bonne figure ensuite, te parler ma main serré très fort contre la tienne qui ne bougeait déjà plus, te parler du second tour des présidentielles, toi qui était passionnée par la politique et qui en avait fait un juste combat dans ta vie. Te parler de ma vie ici dans ce pays que tu aimais tant, te raconter mes menus, toi l'excellente cuisinière qui m'a transmis ton savoir. Te raconter mes lessives, toi qui devenait folle quand je te disais que je mélangeais les couleurs. Te raconter main dans la main ma vie pour que tu continue à être fier de moi. Ce sont des moments qui nous appartiendront toujours. De partir ce jour là m'a déchiré le coeur. Je savais qu'en revenant la semaine suivante plus rien ne serait comme avant... plus rien !
J'ai pris soin de toi maman chérie, je voulais pas que tu souffre plus que l'extrême violence que ton corps te faisait subir. J'ai pris soin de toi comme tu as pris soin de moi depuis toujours.
Devenir adulte est quelque chose, n'être plus ton enfant est quelque chose d'insupportable. Je comprends les causes de ton départ, j'ai accepté. Mais que c'est dur... inimaginable !
Tu m'attendais ce mardi, tu avais hâte de partir pour ne plus NOUS faire souffrir, tu es partie, nous étions tous là, à côté de toi. Ce moment fatidique à été extrêmement violent pour moi, les médecins m'avaient pourtant expliqué. Violent de voir ce corps resté inerte réagir comme ça. Violent de voir notre impuissance. Violent de voir ton regard donné à chacun d'entre nous pour nous dire au revoir. Maman chérie, c'était toi la plus forte, la plus digne.
PA m'a dit que c'était une chance pour moi ton départ. Je le crois, c'est mon frangin, j'ai confiance en lui. Mais je n'ai pas tout de suite saisi comment. C'est oui, une chance pour moi de recentrer ma vie, et en acceptant ton départ pourtant toujours trop rapide, en le sachant, nous sachant fragiles ici bas, tu m'as donné l'opportunité de me recentrer dans ma vie. De changer. D'ouvrir les yeux, de voir... Je ne suis plus le même depuis, j'ai changé. Je sais que, ou que tu sois, tu me regarde, tu continue de me protéger.
Je n'ai pas vécu ces moments seuls maman. A m'a soutenu et écouté beaucoup, R m'a bouleversé lors d'une conversation peu avant. Tu l'aimais bien, je l'ai revu il y a peu. Je suis content de le revoir, il me manquait. Ce sont des gens qui comptent dans ma vie, qui comptent vraiment.
Et puis, tu sais, LB maintenant aussi veille sur moi, elle m'aide beaucoup, et est devenue indispensable à mon équilibre. On se connaît, on se comprend, on s'aime. Je ne pourrais jamais envisager de la perdre. Elle est importante dans ma vie, je ne lui dit pas assez je crois.
Je me pose souvent cette question, alors que ton état se dégradait de minutes en minutes, pourquoi suis-je resté ici loin de toi. Pourquoi ais-je eu un blocus familial quand à ma venue près de toi. J'ai la réponse, tu voulais me rendre une dernière fois heureux, un dernier cadeau avant de partir. Mon chemin à croisé celui de S ce même jour. Je sais maintenant maman que tu es pour beaucoup dans cette rencontre majeure. Appelons ça le destin ou la force de ton Amour pour moi. C'est une rencontre importante de ma vie. S est une personne magnifique, j'aurais aimé que tu le connaisses comme moi je peux le connaître.
Maman, tu n'as jamais été autant auprès de moi depuis tout ça. Merci, je suis fier d'avoir été ton fils, fier mais triste de cette issue. On avait encore tant de choses à vivre ensemble.
Je suis heureux maman, je vais bien, je vais très bien... grâce à toi. Merci.
Ton Martin qui t'Aime
3 commentaires:
Et voilà....les mots que je vois apparaître à ma connexion ce matin sur ton blog me prédisent déjà l'état dans lequel je vais me trouver à la lecture de ton texte...Ca n'a pas loupé, je serre les dents pour empêcher mes larmes de couler pour ne pas affoler mes collègues ; )
Merci pour ta sincérité et la profondeur de tes textes...J'ai hâte de venir te "visiter" chaque jour ! A
Martin, je sais que tu es fort,comme ta maman que tu chérissais tant. Elle sera toujours à tes coté,elle pense à toi comme tu penses à elle. Elle t'aime comme tu l'aimes. Tu lui a rendu par ce magnifique texte, l'hommage dont rêve toutes les mamans qui ont été enlevée trop tôt à leurs enfants...
Et autant la douleur déchire ce coeur qui a tant à donner, autant tu sais qu'elle ne souffre plus.
Tu as le droit d'être triste, d'etre rageur, exprime tes ressentiments. Je serai là pour t'écouter, sécher tes larmes, te divertir, te donner de cette affection que te donnais jadis ta maman.
Je t'embrasse fort. S.
A mon Martin ou Jean Val Jean (rien a voir)
Que dire de cette magnifique lettre a ta maman. Tu ne te rends pas compte a quel point partager ces instants avec toi a pu me rapprocher de toi et m a fait realiser a quel point tu comptes pour moi. Je veille sur toi et je serai avec toi pour le restant de tes jours. Comme tu l as si bien dit, on s aime et pour toujours...
Merci pour tout...
LB
Enregistrer un commentaire